Le jardin : topographie intime

Marie-France Giraudon.
Installation photo-vidéo, 1993-2000. / Photo-video installation, 1993-2000.
Deux photographies et une vidéo mono-canal. / Two photographs and one-channel video.

Ce projet est une invitation à un voyage dans le temps, à rebours vers mes origines et plus particulièrement vers le jardin de mon enfance. Il aborde sous un nouveau jour les notions de cadre, de marge et de limite qui sont des problématiques récurrentes au sein de mon processus de création. La ligne qui délimite le jardin, tout comme celle qui englobe le paysage, ouvre ces espaces sur un insaisissable, un inconnu qui pousse à aller explorer plus loin ce qui s’y trouve.

Évoquer la pensée du jardin, lieu d’échange d’impressions et d’énergies entre le dehors et le dedans.
Renvoi du dehors vers le centre.
Projection de l’imaginaire hors du cadre.


Le jardin : topographie intime, document sur l’installation, 6min (extrait, 4 min 18). / Le jardin : topographie intime, documentation about installation, 6 min (excerpt, 4 min 18).

DISPOSITIF D’INSTALLATION

L’installation fait interagir la photographie avec la vidéo et les sons.

Dispositif photographique
Ce dispositif est constitué de deux photographies qui se superposent par projection. Le centre du dispositif est occupé par un photomontage réalisé à partir de photos d’archives. Ce collage constitue un référent pour le projet, un point dans le temps, un moment passé, une sorte de mémoire du jardin. Il est aussi une manière de parler de la limite, de la fragmentation, du quadrillage du territoire, à partir de la grille créée par les bordures blanches des photographies. Le chevauchement de ces cadres fait sens au même titre que les différentes représentations à l’intérieur de ceux-ci. La deuxième image représente un dessin inspiré du plan cadastral du jardin, incluant les lieux-dits environnants qui évoquent ce coin de pays au niveau historique, topographique et poétique. Son tracé se superpose aux photographies d’archives qu’elle circonscrit dans la topographie du jardin. Elle contextualise le lieu et crée des ouvertures aux frontières de sa périphérie.
La double projection photographique apporte une dimension immatérielle à l’œuvre et permet l’interaction du spectateur qui, selon ses déplacements, masque ou révèle les couches d’images.

Dispositif vidéographique
Il représente la maison, à un niveau métaphorique. Et dans l’installation il est incrusté dans le dessin du jardin, à l’endroit où est figurée la maison.
La vidéo s’attarde à comprendre comment la perception du jardin initie et introduit à des rapports différents avec le monde. La maison représente l’intimité, la stabilité, la permanence. Elle rassure, empêche de se disperser et de se perdre. Le jardin est un espace mobile et mouvant, qui se répand dans l’espace et se déploie vers l’extérieur. Il met en contact avec les éléments. Il sollicite le désir d’ouverture, de découverte, de voyage. Des archives référant au jardin de l’enfance viennent dialoguer avec la réalité du jardin aujourd’hui. Le point de vue est réajusté continuellement en quête de l’esprit du lieu, entre le souvenir et le présent, entre la permanence et le mouvement.